L’essoufflement du crowdfunding ou la mort d’un modèle économique

L’essoufflement du crowdfunding ou la mort d’un modèle économique

Arrivé sur notre sol en 2007, le crowdfunding a connu pendant plus de 7 ans un essor considérable offrant à plusieurs startups la possibilité de se financer et même pour certaines d’exploser. Mais depuis 2015, il connait un ralentissement voire même un regain depuis 2016. Le crowdfunding doit-il se réinventer ou est-ce vraiment la fin de celui-ci ? Voici certains éléments de réponses.

Né d’une formidable idée d’initiative, le crowdfunding envahit la France en 2007 avec un projet plein de promesses pour les startups de l’époque. Le crowdfunding est une nouvelle manière de financer un projet. Complémentaire aux circuits traditionnels, le crowfunding (aussi appelé « financement participatif »), permet à un porteur de projet de se rendre instantanément visible à une communauté qui sera alors susceptible de l’aider, en faisant des dons déstinés à son financement.

Le secteur est « dominé », en France, par plusieurs plateformes, comme Kickstarter, Ulule ou encore KissKissBankBank, qui ont donné naissance, ces dernières années, à des milliers de projets, de tailles diverses et dans des secteurs variés, de la musique au cinéma en passant par les énergies renouvelables ou la restauration.
Après avoir connu, de 2014 à fin 2015, une expansion très rapide, le nombre de plateformes internet proposant du crowdfunding est en phase de stabilisation, voire de légère régression. Certaines d’entre elles sont d’ailleurs « en sommeil » et ne proposent plus qu’un nombre restreint de projets, voire aucun.

“La faute à un modèle qui ne passionne plus les investisseurs et le manque terrible d’innovation de la part des plateformes.”

Klyde décrypte pour vous les causes de l’arrêt soudain de la progression des plateformes de crowdfunding.

Le manque d’engouement

L’engouement pour une jeune marque peut être atténué par la sur-publicité et le faite de "quémander de l'argent" dans une période de crise économique. Les contributeurs financent moins de projets. Ils auraient même tendance à financer les projets de personnes plus proche, amis, connaissances ou collègues, sans pour autant passer par des plateformes de financement.

Les fraudes

Dernièrement, des escroqueries commencent à apparaître sur diverses plateformes comme sur le site suédois Trustbuddy et même Kickstarter. Lors d'une affaire de 2015, dont nous ne ferons pas la publicité ici (NDLR), le porteur d’un projet a dû rembourser plus de cent mille euros à ses contributeurs pour cause d'arnaque. Une bien mauvaise publicité pour les plateformes qui comptent uniquement sur le financement des internautes.

Trop de monde

« MyMajorCompany, le pionnier du crowdfunding français, jette l’éponge » écrivait le grand quotidien, avant de citer son fondateur Michael Goldman : «  A partir de mars, nous n’accepterons plus de projets sur notre plateforme. Nous arrêtons cette activité pour nous concentrer sur la production d’artistes … le marché n’a pas vocation à accueillir beaucoup d’acteurs. Au départ, la concurrence est saine, car elle permet de faire émerger le secteur, mais rapidement, elle oblige à se lancer dans une coûteuse course à la part de marché, ce que nous refusons . »

En clair, le financement participatif ne passionne plus, les plateformes sont à la peine et les visiteurs et investisseurs de moins en moins nombreux. Il serait temps pour ce modèle économique d’évoluer afin de retrouver ses lettres de noblesse et permettre aux futures startups de bénéficier de ce service avantageux à leur croissance.